2 Juin 2020 -11h10

Concours pour les ponts d’Hauterive et de Chésalles : les projets Pegasus et Constance sont les lauréats

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Pegasus - Maquette arrière © Tous droits réservés

La silhouette des deux ponts de la nouvelle liaison routière entre Marly et Matran est désormais connue : le projet Pegasus, des bureaux GVH Tramelan SA, Giorgio Masotti et Orsi e Associati, pour le pont d’Hauterive et le projet Constance, de dsp Ingenieure + Planer AG, Spataro Petoud Partner SA et Feddersen & Klostermann GmbH à Zürich, pour le pont de Chésalles, ont été choisis à l’unanimité par le jury dans le cadre des concours d’ingénierie dont ils ont fait l’objet. Ils ont séduit tous les deux par leur sobriété, leur durabilité et leur intégration dans le paysage. La liaison Marly-Matran s’inscrit dans la stratégie de mobilité du Conseil d’Etat, qui vise le report modal en faveur des transports publics et de la mobilité douce. Axe structurant et maillon essentiel de la mobilité du centre cantonal, elle offrira un accès direct à la jonction autoroutière de Matran, depuis le Plateau du Mouret et desservira en particulier le Marly Innovation Center (MIC) ainsi que les parcelles propriétés de l’Etat de Fribourg, vouées à l’artisanat et à l’industrie.

Le projet de nouvelle liaison routière entre Marly et Matran, trait d’union entre le sud de l’agglomération de Fribourg et la jonction autoroutière de Matran, avec une nouvelle traversée de la Sarine, s’inscrit dans la volonté du Conseil d’Etat, confirmée par le Grand Conseil, de soulager l’itinéraire « Marly – Route de la Fonderie – Route de la Glâne – jonction autoroutière Fribourg Sud/Centre » d’une partie du trafic individuel motorisé pour donner la priorité aux transports publics et à la mobilité douce et ainsi permettre une amélioration de la qualité des lieux de vie bordant l’itinéraire.

30 projets ont été déposés pour le pont d’Hauterive et 22 pour le pont de Chésalles, un succès qui souligne l’intérêt du milieu de l’ingénierie civile pour la procédure du concours. La durabilité, le respect des cadres environnants et la maîtrise de dépenses ont été au coeur des critères d’évaluation du jury. La préservation des environs de l’Abbaye d’Hauterive, le respect de la zone alluviale d’importance nationale, la mise en souterrain des lignes à haute tension ou encore la présence de la décharge de la Pila, ont été des contraintes que les concurrents ont eu à prendre en considération dans leurs réflexions.

I. Pont d’Hauterive

Le jury a retenu à l’unanimité le projet Pegasus, imaginé conjointement par les ingénieurs de GHV Tramelan SA et Giorgio Masotti de Bellinzone ainsi que par les architectes du bureau Orsi e Associati à Bellinzone. Séduit par la sobriété et la simplicité de la conception, le jury a souligné un strict respect de la zone alluviale d’importance nationale située sur le tracé ainsi qu’une solution de protection adaptée de la pile prévue dans la décharge de la Pila, n’empêchant pas le projet de son assainissement. La piste de mobilité douce, ainsi que les interfaces aux extrémités du pont, ont été intégrées de façon convaincante. Le jury a enfin mis en avant la structure fortement monolithique de l’ouvrage, gage de durabilité et d’un entretien facilité. La conception de l’ouvrage ainsi que l’utilisation de revêtements phono-absorbants permettront de réduire considérablement les nuisances sonores. Le pont de Hauterive deviendra, avec une longueur de 798 mètres, le deuxième plus long pont du réseau routier cantonal, après celui de la Poya.

II. Pont de Chésalles

Pour le pont de Chésalles, la décision a également été prise à l’unanimité. Le projet Constance propose un pont en béton à poutre continue de quatre travées régulières et symétriques, avec un tablier à caisson à hauteur constante. Il est l’oeuvre de dsp Ingenieure + Planer AG à Uster et Spataro Petoud Partner SA à Bellinzone, en partenariat avec les architectes du bureau Feddersen & Klostermann GmbH à Zürich.

L’ouvrage, long de 203 mètres, s’intègre naturellement et harmonieusement dans le site, grâce à sa simplicité et à l’équilibre entre la hauteur des piles et leur espacement. Le nombre restreint de piles est également garant d’un moindre impact sur le terrain et offre la possibilité, à terme, d’une préservation optimale du ruisseau de Chésalles. A l’instar du pont d’Hauterive, la conception monolithique de l’ouvrage s’inscrit dans une préoccupation de durabilité.